Financement et transparence financière
Comment la Global Sumud Flotilla est-elle financée, comment les fonds sont-ils gérés, et pourquoi construisons-nous notre infrastructure financière avec la même discipline que celle que nous apportons à nos missions.
Un mouvement porté par le peuple
La Global Sumud Flotilla est financée par des gens ordinaires, des communautés de la diaspora palestinienne et les consciences du monde entier qui refusent de rester les bras croisés pendant que le régime israélien utilise la famine comme arme de guerre et maintient un siège illégal sur Gaza.
Aucun gouvernement ne finance la Global Sumud Flotilla. C'est un mouvement citoyen, redevable aux personnes qui l'ont construit et aux communautés palestiniennes qu'il sert.
Notre financement provient de deux sources principales :
- Financement participatif du public : 100 % des dons issus du financement participatif vont directement aux frais opérationnels : achat et préparation des bateaux, carburant, fournitures, équipement de sécurité et formation des participants.
- Dons de soutiens engagés : Les contributions des communautés de la diaspora palestinienne et d'autres soutiens dévoués financent l'infrastructure plus large du mouvement : déplacements des organisateurs, constitution de délégations dans les pays participants, communications, technologie et éducation politique. Ces investissements garantissent que la flottille n'est pas un simple moment en mer, mais un catalyseur de changements culturels et politiques durables.
À quoi servent les fonds ?
Organiser une mission maritime de cette envergure nécessite des ressources importantes. Voici comment l'argent est utilisé :
- Acquisition et préparation des bateaux : Achat, inspection, réparation et équipement des bateaux civils pour qu'ils répondent aux normes de sécurité et de navigabilité en haute mer.
- Formation des participants : Les participants s'apprêtent à entrer dans une situation potentiellement hostile et à faire face à une force militaire qui commet un génocide en toute impunité depuis des années. Une formation intensive à la sécurité, à la désescalade, aux droits légaux et aux interventions d'urgence est obligatoire, ce qui nécessite des facilitateurs experts et des programmes dédiés.
- Carburant, fournitures et cargaison humanitaire : Carburant pour la flotte, nourriture et eau pour les participants, et aide humanitaire destinée à Gaza.
- Construction de délégations et déplacements des organisateurs : Envoi d'organisateurs dans le monde entier pour construire, former et autonomiser les délégations locales, reconnaissant que l'impact durable de la flottille dépend d'une mobilisation soutenue sur terre — et pas seulement d'une action en mer.
- Communications et technologie : Communications par satellite, infrastructures médiatiques, systèmes de documentation et coordination numérique.
- Infrastructure juridique et de responsabilité : Soutien aux observateurs juridiques, aux enquêteurs sur les crimes de guerre et aux équipes de documentation qui font partie intégrante du mandat de responsabilité de la mission.
Construit sur le travail bénévole
La Global Sumud Flotilla repose très largement sur des bénévoles. Des dizaines d'équipes de préparation des bateaux ont donné des semaines et des mois de leur temps, vivant à bord des navires, pour rendre cette mission possible. Les organisateurs de la coalition apportent leur expertise, leur travail et leurs ressources personnelles parce qu'ils croient en cette cause.
Ce n'est pas une ONG avec des salaires institutionnels. C'est un mouvement construit sur l'engagement, et cet engagement se reflète dans la manière dont chaque ressource est utilisée.
Notre structure financière : de l'urgence à la fondation
Été 2025 : Agir quand cela comptait
La première mission de la GSF a été organisée dans des conditions de crise. L'ampleur de la catastrophe humanitaire à Gaza exigeait une action avant la fin de la saison de navigation 2025. Il n'était pas possible d'établir une fondation officielle, avec les formalités d'enregistrement légal, de conformité réglementaire et l'infrastructure institutionnelle que cela implique, dans ce délai. La coalition a choisi d'agir plutôt que d'attendre.
Malgré ce calendrier compressé, les opérations financières essentielles de la mission ont été gérées par des canaux établis. La majorité des bateaux ont été achetés par l'intermédiaire d'une entreprise européenne réglementée, et la coordination financière a été assurée par un cabinet d'avocats spécialisé en Espagne.
Là où la structure était moins centralisée, c'était à la périphérie : les bateaux acquis dans des ports de départ secondaires ont, dans certains cas, été achetés directement par des donateurs plutôt que d'être acheminés via un processus d'approvisionnement unique. Cela reflétait la rapidité avec laquelle la coalition s'est rassemblée simultanément dans plusieurs pays.
Printemps 2026 : Une fondation enregistrée
Pour la mission élargie du printemps 2026, la GSF a formalisé son infrastructure financière par le biais d'une fondation enregistrée en Espagne. Cette fondation sert d'organe financier centralisé pour l'ensemble de la mission.
- Tous les dons et revenus transitent par la fondation espagnole, quel que soit le pays de départ d'un participant ou d'un bateau.
- Les bateaux sont achetés par une société opérationnelle partenaire. Toutes les opérations sont auditées et transparentes, et des rapports trimestriels sont envoyés à l'autorité fiscale espagnole pour inspection.
- La loi espagnole sur les fondations exige le respect des réglementations nationales, y compris les normes de gouvernance, les rapports financiers et la supervision réglementaire. Le statut de fondation constitue en lui-même un processus de vérification : on ne peut pas l'obtenir sans satisfaire aux exigences légales espagnoles en matière de transparence et de responsabilité.
- La comptabilité centralisée permet un meilleur suivi, une meilleure gestion et une meilleure supervision de chaque aspect des finances de la mission.
Cette évolution, passant d'une logique d'urgence décentralisée à une fondation formalisée, reflète la maturation naturelle d'un mouvement qui s'est organisé dans des conditions de crise et a depuis construit l'infrastructure nécessaire pour se soutenir à plus grande échelle.
Responsabilité et transparence
La gouvernance financière de la GSF s'exprime à travers ses structures : une fondation réglementée, des achats commerciaux via des canaux conformes au droit européen, et des observateurs juridiques. Lorsque nous exerçons notre pouvoir discrétionnaire, c'est pour protéger la vie privée des donateurs et la sécurité opérationnelle des milliers de participants qui entrent dans un environnement à haut risque. Cette responsabilité, nous la prenons aussi au sérieux que la mission elle-même.
Notre responsabilité est envers nos donateurs, nos participants et les communautés palestiniennes que nous servons. La création d'une fondation espagnole réglementée, le recours à une société maritime européenne enregistrée pour l'acquisition des bateaux, l'intégration d'observateurs juridiques et d'enquêteurs sur les crimes de guerre au sein même de la mission : ce ne sont pas de simples caractéristiques de notre travail. Elles sont la preuve de ce que nous sommes.
Pourquoi cela compte
En 2025, 300 000 personnes ont investi les rues de Barcelone. Plus d'un million ont défilé à Rome. Quatre millions de travailleurs se sont mis en grève à Gênes. Ce qui s'est passé en mer a mis à nu la brutalité que le régime israélien est prêt à déployer pour faire respecter un siège illégal et immoral, et cela a fait bouger les gouvernements : la flottille a directement contribué à des changements concrets dans les politiques publiques en faveur des Palestiniens à travers le monde.
Aujourd'hui, alors que le régime israélien utilise la couverture de la guerre régionale pour étendre son occupation militaire et poursuivre son génocide en Cisjordanie et à Gaza, pour s'emparer des terres, dissimuler ses scènes de crime et renforcer son système d'apartheid, il est plus urgent que jamais que les citoyens agissent.
Chaque dollar, chaque euro et chaque dinar donné à cette flottille est un investissement dans le principe selon lequel la vie civile a de la valeur, que le droit international doit être appliqué et que les peuples ont le pouvoir d'agir quand leurs gouvernements ne le font pas.